09.06.2009
Tribune : LA PAGE BLANCHE DU SOCIALISME
Localement, la Gauche dans son ensemble mais aussi le Parti Socialiste résistent. La droite, notamment Bernard Carayon, ne peut pas s'enorgueillir d'avoir réalisé un très bon score. À l'échelle du Tarn, le résultat des socialistes à Lavaur reste dans la norme qui plus est si l'on prend en compte que nous avons un Député-Maire UMP.. Le cumul des voix de Gauche sur le canton et sur la commune reste très majoritaire.
Loin de mettre en cause nos candidats, nous devons tirer au plan national et au plan plus local les enseignements de ce scrutin :
1) si l'abstention est forte c'est que TOUS les partis n'ont pas réussi à mobiliser sur leurs propositions et leur stratégie.
2) l'UMP, même arrivée en tête, ne connait pas le triomphe commenté toute la soirée d'hier par ses dirigeants. Son score est inférieur à celui réalisé par les socialistes en 2004.
3) le Parti Socialiste paye son décalage avec les préoccupations de la société, son inertie à se transformer ainsi que ses divisions (locales et nationales). Mais aussi et surtout son autisme eu égard à la parole de ses militants.
Il n'est plus temps de rénover le Parti Socialiste, il faut le changer, le rebâtir sur de nouvelles bases de fonctionnement et d'idées : oser le changement.
Depuis dimanche 7 juin, la page est blanche car il ne s'agit plus de conserver le pouvoir mais de le conquérir comme si nous ne l'avions jamais eu. Trop longtemps nous nous sommes imaginés que le replâtrage suffirait à le reconquérir, nous vivions alors sur les acquis de François Mitterand, subissant, selon les vagues, des avancées et des reculs.
Ensuite, il faudra éviter de s'enfermer dans des faux débats, notamment la question des alliances. Alors que quelques fois, certains sont tentés de se compromettre avec la droite, le rassemblement de la gauche est, pour nous, un impératif. Les vrais alliances sont celles que l'on fait vivre dans le temps avec respect et sincérité, comme nous le faisons à Lavaur depuis plus d'un an. Cela demande une méthode et une culture qui se renforcent tous les jours.
Idéologiquement, la vérité viendra de ce que nous créerons collectivement au sein de la famille Socialiste, au sein de la Gauche et au sein de la Société. Il faudra apprendre à gérer différemment le pouvoir, la rénovation n'est pas une question d'age mais une question de rupture avec les héritages. Savoir rompre et se transformer, c'est le propre des Socialistes depuis 1905. Même si c'est douloureux, c'est aujourd'hui qu'il faut entamer ce processus, en ayant surtout le courage de mettre nos possessions en danger pour en conquérir de nouvelles. On entend d'ores et déjà la petite musique qui dit : "Pas maintenant, car l'année prochaine ce sont les élections régionales". Mais, à ce rythme là, il n'y aura plus de militants pour faire campagne.
Cette situation de crise des socialistes français est alourdie par la crise de la social-démocratie européenne et ses réponses mi-figue mi-raisin. Notre pratique du pouvoir nous place toujours dans un besoin de nous justifier plus que la droite, de donner plus de gages au capitalisme. Or, aujourd'hui, dans le contexte de crise, les socialistes doivent se décomplexer et proposer leur propre modèle car plus encore qu'hier l'économie doit être au service de l'homme. Là aussi, méfiance, la question n'est pas d'être plus ou moins à gauche mais d'être clairs et audacieux dans nos idées, d'être capables de les assumer et de les mettre en œuvre si nous revenons au pouvoir.
Enfin, il faut prendre en compte les aspirations écologistes de la société bien plus que dans l'apparence mais dans le fond de nos projets. N'ayons pas peur des clivages, car nos victoires se sont jouées sur des clivages clairs avec des projets clairs qui n'avaient pas peur de déplaire.
Depuis le 7 juin la page est blanche, il faut la réécrire, ne comptez pas sur les autres, trop occupés par leur(s) mandat(s), faites le vous même. Faisons le ensemble.
Pierre Bangi.
Secrétaire de section de Lavaur
Conseiller municipal de Lavaur.
11:09 Publié dans i) DEBATS | Commentaires (3)



Commentaires
Effectivement, la campagne n'a pas été audible par les milieux "popupaires" et/ou en grave difficulté sociale. La campagne a été faite par des intellos qui s'adressent à des intellos. Les votants sont issus des milieux "privilégiés","éclairés" ou engagés..ou minimum bac+3!! L'abstention n'indique pas à mon avis une quelconque sanction mais une véritable ignorance.
Il faudra expliquer l'Europe avec une pédagogie qui soit compréhensible de tous, en s'intéressant aux préoccupations quotidiennes de tous. L'Europe, c'est quoi pour le quotidien.
L'impact du film Home en est l'illustration. Il faut EXPLIQUER !
Ecrit par : CAUSSIGNAC | 09.06.2009
Les élites qui représentent normalement les "couches populaires" comme les élus du Parti socialiste votent de la même manière que le PPE (dont fait partie l'UMP) au Parlement européen. Je ne vois pas bien ce que les gens en grande difficulté sociale auraient pu espérer du PS à travers ces élections.
Cela fait bien longtemps que le PS a abandonné son projet social de défense des plus démunis. Melenchon l'a bien compris en quittant le navire : Delanoé, Royal, DSK et Aubry dans une moindre mesure, sont des libéraux au sens politique et culturel: ils se battent pour les droits des "minorités" : gays, féministes, immigrés... C'est la même chose pour les intellectuels dits de gauche (Glucksmann, Cohn bendit, BHL...) si leurs combats sont parfois louables, ils en oublient toujours l'essentiel: la misère economique et sociale de la majorité silencieuse.
Il est amusant de les entendre prétendre défendre le Peuple:
car défendre ces libertés font des socialistes les "idiots utiles" du capitalisme.
A titre d'exemple, soutenir la régularisation des immigrés revient naturellement a tirer les salaires français vers le bas (plus de demande pour une offre constante).
Les français ne sont pas duppes : on ne peut pas faire semblant de défendre tout le monde pour ratisser large : les interêts des bobos ne sont pas ceux du vrai peuple qui ne sont pas ceux des immigrés...
Ecrit par : robert | 20.06.2009
Je ne suis pas un bobo, ni cadre sup, je ne suis pas diplômé, je n'ai même pas de CDI et suis trop souvent à l'ANPE. Je constate tout simplement que la défaite des socialistes le 7 juin et la division de la gauche renforcent la droite qui du coup se trouve légitimée pour notamment, accélérer la remise ne cause de la retraite à 60 ans et pour continuer à développer la "précarisation" de l'emploi. La défaite du PS n'est donc pas une bonne nouvelle pour ceux qui n'ont que leur travail pour vivre. Il est temps de cesser les divisions et les concours pour savoir qui est le plus à gauche. J'encourage donc Mr Bangi à continuer. Il me semble qu'il représente un renouveau à gauche dont nous avons besoin. Il faut l'aider...
Ecrit par : Paul | 22.06.2009
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