22.06.2009
Didier Migaud : " Il y aura une purge terrible si la droite gagne en 2012 "
Entretien avec Didier MIGAUD président (PS) de la commission des finances de l'Assemblée
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| Réajustant à la hausse ses prévisions, Eric Woerth, ministre du budget, a dit s'attendre, dimanche 21 juin sur RTL, à un déficit public compris " entre 7 % et 7,5 % du PIB " cette année et probablement en 2010. M. Woerth continue toutefois d'exclure une augmentation des impôts. Sur Europe 1, le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, a invité les pays européens à faire un effort sur leurs comptes publics dès 2010 et le retour de la croissance. " A un moment, vous ne pouvez (...) plus accumuler de dette. Je crois qu'on en est à ce point-là ", a-t-il prévenu. Didier Migaud, président (PS) de la commission des finances de l'Assemblée, pense que Nicolas Sarkozy " va jouer la montre pour reporter les décisions douloureuses au lendemain de l'élection présidentielle de 2012 ". Les prévisions de M. Woerth vous surprennent-elles ? Pas du tout. Sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augure, je crains qu'elles soient optimistes et que l'on soit un peu au-dessus de 7,5 % du PIB. A lui seul, le déficit budgétaire représentera cette année les deux tiers de nos recettes fiscales nettes. Cette situation extrêmement préoccupante n'est pas seulement liée à la crise. Elle est due, pour une partie non négligeable, à des décisions budgétaires et fiscales qui ne sont pas responsables. Je pense au paquet fiscal, à la baisse de la TVA dans la restauration et à l'absence de financement de la réforme de la taxe professionnelle. Ces diminutions d'impôts privent l'action publique de recettes, sans que leur efficacité face à la crise soit démontrée. Comment arrive-t-on à un déficit public de 7,5 % ? Peut-on séparer, dans le déficit et la dette publics, le conjoncturel du structurel ? La crise aggrave un déficit qui se creusait déjà avant. Mais la séparation, défendue par le gouvernement, entre le déficit structurel et le déficit conjoncturel me paraît factice. Où faut-il mettre les 3 milliards de coût brut de TVA à taux réduit dans la restauration et les 8 milliards pour financer la réforme de la taxe professionnelle ? Ces décisions engagent l'avenir, comme les 10 milliards du paquet fiscal en 2009, qui se répéteront année après année. Et laisser penser, comme le fait le gouvernement, qu'une fois la crise terminée les choses se rétabliront comme avant, ce n'est pas sérieux. Après un tsunami, le paysage n'est plus le même. La sortie de crise sera lente. En 2010, les comptes publics pourraient empirer. Faut-il mettre au point un plan de stabilisation comme l'a suggéré Christine Lagarde ? La ministre de l'économie prépare sans doute les esprits à des hausses d'impôts. Mais il faut d'abord éviter une trop grande dégradation. Nous n'en prenons pas le chemin. Entre le deuxième trimestre 2007 et la fin 2009, selon la Commission européenne, notre dette publique aura augmenté de 380 milliards, ce qui représente quelque 15 milliards de charge de la dette supplémentaire ! Ces dernières années, la droite n'a eu de cesse de baisser les impôts d'une partie très minoritaire de nos concitoyens, les plus aisés. De ce fait, des dizaines de milliards nous font défaut... Mais la dépense publique ralentit... Voyez-vous le président revenir sur son refus d'augmenter les impôts ? Propos recueillis par Claire Guélaud (Le Monde du 23 juin 2009) |
15:35 Publié dans g) ACTUALITE NATIONALE | Commentaires (1)



Commentaires
L'heure de vérité va bientôt sonner
2009 doit normalement être le rdv pour les modalités de mise en place de la TVA sociale.
Il faudrait que le débat soit franchement engagé, ça n''en prend pas le chemin.
La conjoncture, le niveau record des déficits devrait au contraire motiver le gouvernement en ce sens.
En revanche ces mêmes éléments devrait inciter le gouvernement à revoir et même à suspendre une autre réforme: le paquet fiscal. Le paquet fiscal se retrouve invalidé par la conjoncture ce qui revient à le financer par de la dette publique.
La défiscalisation des heures sup ne produit pas de richesse supplémentaire et cela d''autant plus que la fraude est inévitable.
On peut aisément remplacer une prime, un bonus, une augmentation, par un volume d''heures sup (non faites). Dès qu''une exonération fiscale apparaît les gens s''adaptent surtout quand comme ici l''intérêt de l''employeur rencontre celui du salarié. 2008 a connu une forte augmentation des heures sup (même le 1er trimestre 2009 reste à un haut niveau).
Pourtant si on regarde dans le détail la croissance est quasi négative sur la période. Un certain nombre de salariés ayant encaissé ces heures sup exonérées n''ont pas connu en proportion d''augmentation de salaire entre 2007 et 2008 (en brut). Une question se pose d''où sortent ces heures sup et qu''ont-ils "fabriqué" en plus? De la richesse ou du déficit? A+
Ecrit par : aviso | 03.07.2009
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